Le début du voyage

Ce fut le début du voyage. 3 peintures de 190 x 145 cm. Acrylique et pigments fluorescents sur toile.
Ces toiles se découvrent différemment de jour ou de nuit. Eclairées par une lumière à ultraviolet dans l’obscurité, elles révèlent ce qu’on ne peut voir en plein jour. (Oeuvres disponibles à la vente).

Ce fût le début du voyage ?
Alors que je questionnais mon sentiment profond de déracinement, mon goût de l’ailleurs qui ne peut pas être un « chez soi », alors que je reconnaissais ce sentiment que je porte fidèlement, comme celui d’un exil vécu par un autre – mon père viêtnamien – je suis arrivée à La Source ( lieu d’artistes au service de l’enfance créé par Gérard Garouste).
L’esprit vacant, n’ayant rien projeté, j’ai déballé mes couleurs, mes photos, mes pinceaux. Et, alors que je pensais peindre le bocage normand ce sont des bords de mer arides, minéraux, des roches blanches baignant dans l’eau émeraude qui sont arrivées. J’ai su le geste d’Ulysse, rentré à Ithaque et la quittant encore, pour aller déposer au plus profond des terres la rame de son navire. Là où nul ne connait cet objet, où ceux qui l’aperçoivent croient que c’est un soc de charrue un peu mal foutu, il plante sa rame en terre. Et rentre chez lui.
Ici, à La Source, dans cette campagne plate et verdoyante, j’ai déposé ma calanque. J’ai inscrit sur la toile le début de mon grand voyage. L’éblouissement premier. Ce « chez moi » là, de nostalgie confuse se retrouve racine, car peinte. Je peux repartir ailée.